Dépister les maladies chroniques

Outil de prévention à la portée de tous, le passeport santé Médicobox met à la disposition de ses usagers une panoplie d’outils pertinents, facilitant notamment, sans pour autant y être limité, le dépistage et le suivi de certaines maladies chroniques répandues et malheureusement trop souvent ignorée en raison de leur caractère asymptomatique, telles que :

Syndrome Métabolique

Le syndrome métabolique, aussi appelé Smet, n’est pas une maladie en soit. Il s’agit plutôt d’un ensemble de signes physiologiques et métaboliques, augmentant de façon considérable le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les personnes présentant trois ou plus de ces signes;

Obésité

L’obésité en général, mais plus particulièrement, l’embonpoint abdominal.

Hypertension

Une tension artérielle élevée.

Hypercholestérolémie

Un faible taux de « bon » cholestérol (HDL) dans le sang.

Hypertriglycéridémie

Taux anormalement élevé de lipides et corps gras dans le sang.

Hyperglycémie

Taux anormalement élevé de sucres dans le sang.

Bien que chacun de ces signes puissent, en soi, être considéré comme un facteur de risque pouvant mener à des complications, la présence de trois (ou plus) de ceux-ci chez une seule personne représente un cas de syndrome métabolique, se traduisant par un risque jusqu’à trois fois plus élevé de développer un diabète de type-2, des ennuis cardiovasculaires et/ou des incidents vasculaires cérébraux.

Statistiques

Au Canada, on estimait que près de 6 millions de canadiens (soit 21% de la population adulte du pays) présentaient les signes de syndromes métaboliques, en 2012-13. La prévalence du syndrome augmente de façon significative avec l’âge, atteignant 25% chez les adultes de 40 à 59 ans, et 39% chez les adultes de 60 à 79 ans. On ne remarque toute fois aucune différence significative entre les hommes et les femmes.

Parmi les facteurs de risques, l’embonpoint abdominal est le plus prévalent chez les personnes ayant été diagnostiquées (92%). La prévalence des autres facteurs de risque varie d’après l’échantillonnage d’âge étudié. Par exemple, si l’hypertension est le facteur le moins souvent décelé chez les adultes de 18 à 39, il en est tout autrement chez ceux de 60 à 79 ans, dont la prévalence frôle les 90%.

Dépistage et Traitement

Outre l’obésité, qui peut présenter des signes physiques apparents, il est à toute fin pratique impossible de déceler si vous êtes atteint de l’un ou l’autre de ces facteurs, sans d’abord passer les tests prévus à cet effet.

Un dépistage initial, et un suivi régulier (la fréquence varie selon le nombre de facteurs décelé, le niveau et la nature de ceux-ci) permet non seulement de freiner la progression de ces facteurs, mais aussi d’apporter les correctifs nécessaires afin d’en réduire leur portée, que ce soit par le billet d’une médication, ou autre.

Si certains de ces facteurs sont héréditaires, la grande majorité des cas de syndromes métaboliques sont plutôt attribuables à l’hygiène de vie. Un style de vie sédentaire et une alimentation riche en calories et pauvre en nutriment explique souvent un tel diagnostic.

Une fois décelé, votre médecin sera à même de vous prescrire la médication et/ou les correctifs nécessaires à apporter, minimisant ainsi les risques pour votre santé.

Embonpoint abdominal

L’embonpoint abdominal se définit par une accumulation excessive de graisse au niveau de la taille, et constitue un facteur de risque majeur pour la santé pouvant contribuer, notamment, au développement de diabète de type-2 et d’hypertension artérielle, en plus d’accroitre les risques d’accidents cardiovasculaires.

Bien que l’indice de masse corporelle soit fréquemment utilisé comme test de référence pour identifier un surplus de poids chez un individu, celui-ci ne permet pas d’identifier la répartition de la graisse dans le corps. Il s’agit pourtant d’un élément important de l’évaluation, alors que plusieurs études révèlent aujourd’hui que les individus montrant des signes d’embonpoint abdominal seraient jusqu’à deux fois plus à risque de souffrir d’ennuis cardiaque qu’une personne dont la graisse est répartie de façon gynoïde (hanches, cuisses).

Risques et dommages

Outre les risques de diabète de type-2, d’hypertension artérielle et d’accidents cardiovasculaires, l’embonpoint abdominal peut également contribuer à des ennuis d’apnée du sommeil, d’accumulation de lipides dans le sang et le foie (comme la stéatose hépatique), mais aussi certains cancers tels que le cancer du sein, le cancer de la prostate et le cancer du colon.

Statistiques

En 2014, le taux d’adultes ayant déclaré une taille et un poids les classant dans la catégorie des personnes faisant de l’embonpoint était de 40,0 % chez les hommes et de 27,5 % chez les femmes.

Si les statistiques concernant l’embonpoint semblent demeurer relativement stable au cours des dernières années, on note cependant une hausse de cas d’obésité alors que 20,2 % des Canadiens de 18 ans et plus (soit environ 5,3 millions d’adultes) ont déclaré avoir une taille et un poids les classant dans la catégorie des personnes obèse.

Le taux d’obésité chez l’homme (21,8 %) et chez la femme (18,7 %) est en constante progression alors qu’il atteignait 16,0 % chez les hommes et 14,5 % chez les femmes en 2003.

Diabète de Type-2

Le diabète de type-2 se caractérise par une hyperglycémie chronique, terme désignant une surabondance de glucose dans le sang. Celle-ci est principalement attribuable à deux facteurs;

Accumulation de gras dans les organes de l’abdomen, entraînant une résistance à l’insuline produite par le pancréas

Production insuffisante d’insuline par le pancréas lui-même

Dans les deux cas, le résultat est une augmentation du taux de sucre dans le sang.

Risques et Dommages

Lorsque mal contrôlé, le diabète de type-2 peut engendrer plusieurs ennuis de santé tout aussi importants qu’irréversibles.

L’hyperglycémie affaiblissant les parois des vaisseaux sanguins approvisionnant les tissus en oxygène et en éléments nutritifs, toutes les parties du corps peuvent subir les contrecoups : le cœur, le système nerveux, les reins, les yeux, etc.

Un diabète de type-2 mal contrôlé pourrait donc être à l’origine d’une perte de vision irréversible, d’ennuis neuropathiques (nerfs) ou néphropatiques (reins), en plus d’augmenter les chances de subir un accident cardiovasculaire.

Statistiques

Le diabète de type-2 représente plus de 90% des cas de diabète à l’échelle mondiale. En progression constante, le nombre de personnes atteintes de ce type de diabète pourrait passer de 285 à 438 millions au cours des 20 prochaines années, selon les plus récentes prévisions de la Fédération internationale du diabète.

Au Canada, on estime à plus 9 millions le nombre de personnes atteintes de diabète ou de prédiabète, avec 20 nouvelles personnes diagnostiquée à chaque heure du jour. Et ces chiffres ne tiennent compte que des cas diagnostiqués.

Diabète Québec estime à 830,000 le nombre de personnes atteintes de diabète à l’échelle de la province, représentant plus 10% de la population. De ce nombre, près de 250,000 personnes ignorent être atteinte.

Même si ce type de diabète se manifeste encore principalement chez les personnes de 40 ans et plus, on remarque une augmentation du nombre de cas chez les enfants et les adolescents ces dernières années.

Hypertension

L’hypertension artérielle est une pathologie cardiovasculaire se caractérisant par une pression anormalement forte du sang sur la paroi des artères, obligeant ainsi le cœur à faire plus d’efforts afin de pomper le sang à travers les vaisseaux sanguins.

Bien qu’elle puisse être reliée à un autre problème d’ordre médical (atteinte des artères, maladie des reins ou des glandes surrénales), la cause même de l’hypertension ne peut, dans la majorité des cas, être clairement identifiée, puisque multifactoriel. On parle alors d’hypertension « essentielle ». Si l’âge et l’hérédité peuvent, en partie, expliquer un diagnostic d’hypertension, d’autres facteurs relatifs aux habitudes de vie entrent également en ligne de compte. Ainsi, l’obésité, la sédentarité, une alimentation forte en sel, le tabagisme, l’abus d’alcool et le stress contribuent tous à l’hypertension artérielle.

Comme l’hypertension artérielle ne s’accompagne généralement d’aucun symptôme apparent, un nombre important de personnes ignorent qu’elles en sont affligées.

On ne peut normalement guérir l’hypertension artérielle, il est cependant possible de la contrôler au moyen d’une médication appropriée et/ou en apportant des modifications à son hygiène de vie.

Risques et Dommages

L’hypertension artérielle est le plus important facteur de risque associé aux accidents vasculaires cérébraux, et un des principaux facteurs associé aux maladies du cœur (insuffisance cardiaque, arythmie, hypertrophie ventricule gauche, etc.).

Mais la fragilisation des vaisseaux sanguins peut aussi mener à des problèmes de reins (insuffisance rénale) et aux yeux (lésions à la rétine pouvant provoquer une perte de la vue).

Statistiques

En 2014, une enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes révélait que 17.7% des canadiens, âgés de 12 et plus, avaient reçu un diagnostic d’hypertension artérielle. Le taux de diagnostic augmente considérablement avec l’âge, franchissant la barre des 30% chez les adultes de 55 ans et plus.

Toujours selon la même enquête, la prévalence de l’hypertension artérielle augmente de façon considérable chez les personnes obèses, alors que le taux de diagnostic atteint 32.7% chez les canadiens de 18 ans et plus.

Le taux de diagnostic au pays est en constante progression depuis 2001.

Dyslipidémie

La dyslipidémie est un terme désignant une anomalie du taux de gras dans le sang, principalement le cholestérol et les triglycérides.

L’hypercholestérolémie est un trouble métabolique caractérisé par un taux anormalement élevé de « mauvais » cholestérol (LDL), ou une carence de « bon » cholestérol (HDL) dans le sang.

Si l’hérédité génétique, l’alimentation et l’hygiène de vie en générale peuvent en partie expliquer un diagnostic d’hypercholestérolémie, il existe d’autres facteurs pouvant jouer un rôle tout aussi important. Une déficience de synthèse des homologues supérieurs par le foie peut, entre autre, conduire à ce même diagnostic.

L’hypothyroïdie, l’insuffisance rénale chronique, ainsi qu’un syndrome néphrotique sont aussi reconnus comme des facteurs pouvant être responsables d’un haut taux de cholestérol.

Risques et Dommages

La dyslipidémie est généralement asymptomatique jusqu’à l’apparition des complications. Celles-ci n’en demeure pas moins importantes.

Un taux anormalement élevé de lipides dans le sang aura pour effet de faire durcir et épaissir les artères du cœur, qui aura ainsi plus de difficulté à s’adapter à tout effort physique. Qui plus est, l’hypercholestérolémie contribue aussi à la formation de caillots sanguins (thrombose), pouvant bloquer complètement une artère, et provoquer un infarctus.

Outre les malaises cardiaques, la dyslipidémie augmente les chances d’accidents vasculaires cérébraux et d’artérite des membres inférieurs.

Statistiques

Malgré la nature asymptomatique de l’hypercholestérolémie, il a été déterminé par une enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) que 19% des personnes âgées de 18 à 79 ans avaient un taux de « mauvais » cholestérol (LDL) néfaste pour la santé, alors que 16% présentaient un profil similaire pour le « bon » cholestérol (HDL).

Toujours selon la même enquête, seulement 51% des personnes atteintes de dyslipidémie étaient au fait de leur état de santé.

Bien qu’il soit impossible d’imputer à la dyslipidémie la totalité de ces décès, il est pertinent de noter que les maladies du cœur et les accidents vasculaires cérébraux sont deux des trois principales causes de mortalité au pays.